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Lors de la démocratisation d’internet, les utilisateurs de la première heure se sont interrogés sur l’opportunité d’une charte recensant les bonnes pratiques à respecter pour bannir des réseaux certaines formes d’incivilité. 

20 ans après la rédaction de la première version de la nétiquette, sommes-nous tous devenus des gentlemen du Web ? Le point maintenant.

Définition de la nétiquette

Étymologie

Le terme nétiquette est un néologisme composé des termes « Net » et « étiquette ». De plus, il n’est pas un hasard si le terme « éthique » ressorte de sa prononciation.

L’étiquette renvoie traditionnellement à la liste des bonnes manières pour se comporter avec correction en société. La nétiquette est l’adaptation à Internet de ces usages.

Valeur juridique

Issue de la Request For Comments 1855, la nétiquette est rédigée par Sally Hambridge, travaillant chez Intel. Elle sera diffusée en 1995 et traduite en français en 1996.

Si d’autres versions ont vu le jour les années suivantes, la RFC 1855 reste une référence, à tel point qu’elle est généralement reprise dans les conditions générales de beaucoup d’entreprises, et notamment des fournisseurs d’accès à Internet.

Ce texte, qui ne revêtait aucune valeur juridique réelle à l’origine, a été reconnu par un jugement du tribunal de grande instance de Rochefort sur Mer pour la première fois en 2001, dans une affaire Christophe G. contre France Télécom Interactive.

En l’espèce, le tribunal a confirmé la résiliation de l’abonnement Wanadoo de l’internaute qui avait pratiqué du spamming sur des forums de discussion, en relevant que ce comportement était prohibé par la netiquette.

Le juge d’instance qualifie la nétiquette d’usage au sens de l’article 1135 du Code civil : « Les conventions obligent non seulement à ce qui y est exprimé, mais encore à toutes les suites que l'équité, l'usage ou la loi donnent à l'obligation d'après sa nature. » 

Principe directeur de la netiquette : ce que vous ne feriez pas lors d’une conversation réelle

Une impolitesse propre à Internet ?

Dans les débuts d’Internet, de mauvaises pratiques se sont développées, l’anonymat étant encore répandu. De plus, le caractère immatériel des échanges facilite grandement le détournement des règles sociales communément admises.

Le langage SMS illustre à ce titre la facilité avec laquelle le glissement s’opère entre les usages sociaux et les usages électroniques.

L’effort de courtoisie doit pourtant être plus fort sur Internet que lors des échanges classiques, puisque l’absence de contacts physiques induit une plus grande froideur entre les interlocuteurs. 

Contraintes technologiques et bienséance

Le contenu de la nétiquette est divisé en trois parties :

  • communication de un à un ;
  • communication de un à plusieurs ;
  • services d’information.

À côté des recommandations célèbres comme celle de ne pas écrire en majuscules car cela revient à « crier » ou des manières à adopter sur les forums pour ne pas être qualifié de « troll », la netiquette précise l’attitude à adopter dans le choix des destinataires d’un courrier électronique, des formats interopérables, ou encore lors de débats sur les plates-formes.

L’intérêt de la Netiquette réside dans le lien qu’elle tisse entre les spécificités techniques des outils couramment utilisés (boîtes mail, poids des pièces jointes) et les mesures à prendre pour éviter de faire subir aux autres internautes une navigation désagréable.

Elle invite par exemple à « purger » un message électronique transféré, c’est-à-dire de supprimer l’entête du courriel original, pour ne pas polluer la lecture du nouveau message.

Enfin, elle recense les comportements à adopter pour rendre le contenu Web plus fiable en déterminant les modes de vérification d’une information que l’on reçoit et que l’on souhaite transférer.

La netiquette est une charte dont la valeur juridique a été reconnue dès 2001 par les tribunaux français. Au demeurant très technique, elle contient des recommandations générales de politesse et de bienséance, ce qui la rend à la fois très complète et emblématique.Il est néanmoins possible de s’interroger sur la nécessité d’adaptation de la netiquette, notamment avec le développement fulgurant des réseaux sociaux et la prolifération des comportements malveillants qu’ils facilitent.

Pour aller plus loin :